Vacances scolaires et charge mentale : et si on s’autorisait enfin à ralentir ?

Vacances scolaires et charge mentale : et si on s’autorisait enfin à ralentir ?

Cet article sera un peu différent des autres...

Je ne suis ni psychologue, ni spécialiste du burn-out parental, et je n’ai aucune méthode miracle à vous vendre ici. J’avais simplement envie de partager mon expérience de maman, parce que je sais que je ne suis probablement pas la seule à arriver aux vacances avec cette sensation étrange : être heureuse qu’elles arrivent… mais complètement vidée au moment de les commencer.

Dans ma vie professionnelle, je suis architecte. C’est un métier que j’aime énormément, mais qui demande beaucoup de concentration, d’anticipation et de charge mentale. À côté de ça, je développe Routinea, je suis maman, mon conjoint est régulièrement en déplacement, parfois quasiment un mois sur deux, et nous n’avons pas notre famille autour de nous au quotidien pour prendre le relais.

Alors régulièrement, tous les deux ou trois mois, j’ai cette sensation d’arriver au bout de mes réserves.

Pas nécessairement un burn-out au sens médical du terme. Mais ce moment où tout semble demander un effort supplémentaire et où mon cerveau continue à dérouler la to-do list même lorsque je me pose enfin sur le canapé.

Et curieusement, cela correspond souvent… aux vacances scolaires.

Pourquoi la charge mentale explose parfois juste avant les vacances

Sur le papier, les vacances devraient commencer par un grand soupir de soulagement.

Dans la réalité, chez moi, la semaine qui les précède est souvent l'une des plus intenses.

Il faut clôturer les dossiers en cours, répondre aux derniers mails, envoyer ce qui doit absolument partir avant mon absence et essayer de ne laisser aucun petit sujet professionnel en suspens.

En gros, on paie un peu ses vacances avant de les prendre.

Et cette fois-ci, ça s’est terminé par un réveil pour prendre un train à 5 heures du matin… pour finalement rester bloquée avant même d’avoir réellement quitté la gare.

Le genre de petite galère parfaitement banale qui, lorsqu’on est déjà fatiguée, peut donner envie de retourner directement sous la couette.

Pourtant, quelque chose se passe lorsque l’ordinateur finit vraiment par se fermer.

Petit à petit, la pression redescend.

Je recommence à regarder autour de moi plutôt que ma liste de tâches. À discuter sans penser au prochain mail. À envisager des choses que j’ai envie de faire et pas seulement celles que je dois faire.

Et accessoirement… à retrouver suffisamment de place mentale pour vous écrire cet article depuis mon train de samedi.

Avant de reconnecter avec ma famille, j’ai besoin de reconnecter avec moi-même

Pendant longtemps, j’aurais probablement trouvé cette phrase un peu égoïste.

Aujourd’hui, beaucoup moins.

Parce que j’ai remarqué quelque chose : lorsque j’arrive aux vacances complètement épuisée et que j’enchaîne immédiatement sur « maintenant il faut profiter à fond en famille », je transforme simplement une liste de tâches professionnelles… en liste de tâches familiales.

Trouver des sorties.

Prévoir les repas.

Organiser les journées.

Faire quelque chose de sympa pour l’enfant.

Voir les amis.

Faire une activité créative.

Profiter du beau temps parce qu’« il faut en profiter ».

Et finalement, je continue à gérer.

Alors cette fois, ma priorité est d’abord de prendre un peu soin de moi.

Pas pendant trois semaines dans un spa des Maldives, rassurez-vous.

Cela peut être aller faire du sport, dessiner, marcher seule, faire du shopping tranquillement, méditer, lire ou simplement passer une heure sans que personne ne me demande quelque chose.

Ce n’est pas du temps retiré à ma famille.

Pour moi, c’est justement ce qui me permet ensuite d’être vraiment disponible lorsque nous sommes ensemble.


7 choses que j’essaie de faire pour réellement ralentir pendant les vacances

Avant Routinea, j’avais créé un site qui s’appelait Solea Santé, autour notamment de la santé mentale et du trouble panique.

C’est un sujet qui me touche depuis longtemps et sur lequel j’ai beaucoup lu et appris.

J’aimerais d’ailleurs commencer prochainement une petite série ici autour de la santé mentale des mères et de la fatigue parentale.

Mais en attendant, voici le condensé très personnel de ce que j’essaie d’appliquer aujourd’hui.

 

1. Terminer ce qui tourne vraiment en boucle dans ma tête

On lit souvent qu’il faut simplement « lâcher prise ».

Personnellement, si je sais qu’un mail urgent doit absolument partir ou qu’un dossier important reste complètement ouvert, je peux méditer face à une montagne pendant quarante minutes : mon cerveau continuera probablement à penser à ce fichu mail.

Alors avant les vacances, j’essaie d’identifier quelques tâches réellement importantes et de les terminer.

Pas toute ma liste.

Juste celles qui risquent de continuer à occuper mon cerveau.

Ensuite, je ferme l’ordinateur.

Vraiment.

 

2. Prendre du temps pour moi avant de remplir le planning familial

Mon vieux réflexe est de penser d’abord :

« Qu’est-ce qu’on va faire avec notre fils pendant les vacances ? »

J’essaie maintenant d’ajouter une autre question :

« Et moi, qu’est-ce qui me ferait du bien ? »

Sport, dessin, café seule, shopping, massage, promenade…

Je bloque parfois ce moment avant même de programmer le reste.

Parce que sinon, étrangement, mon temps à moi est toujours la première chose qui disparaît.

 

3. Utiliser la respiration pour aider mon corps à redescendre

Quand mon cerveau continue de fonctionner à toute vitesse, j’aime beaucoup revenir à quelque chose de très physique : la respiration.

Une technique extrêmement simple est la respiration carrée :

inspirer pendant 4 secondes ;

retenir 4 secondes ;

expirer pendant 4 secondes ;

attendre 4 secondes ;

recommencer quelques cycles.

Les exercices respiratoires contrôlés sont étudiés pour leurs effets sur le stress et l’anxiété chez l’adulte, même s’ils ne remplacent évidemment pas une prise en charge lorsque la souffrance devient importante. Une revue systématique publiée en 2024 rapporte des résultats encourageants concernant ce type d'exercices sur le stress et l'anxiété.

4. Ne pas sur-planifier les vacances

Je crois qu’on a parfois tellement envie de « profiter » qu’on transforme les vacances en projet à piloter.

Lundi zoo.

Mardi atelier.

Mercredi déjeuner.

Jeudi musée.

Vendredi parc.

Puis on arrive dimanche en ayant besoin… de vacances.

J’essaie donc de laisser volontairement des trous dans le planning.

Une matinée sans rien.

Un après-midi où on décidera plus tard.

Ou même une journée entière sans programme.


5. Se lâcher un peu la grappe

Voilà probablement celle que j’ai le plus besoin de me répéter.

Votre enfant regarde un dessin animé pendant que vous buvez votre café tranquillement ?

Tout va bien.

Vous n’avez prévu aucune activité pédagogique aujourd’hui ?

Toujours rien de dramatique.

Vous passez finalement l’après-midi à jouer, cuisiner, marcher ou traîner à la maison ?

Cela peut aussi être une très bonne journée.

Nos enfants n’ont probablement pas besoin que nous devenions animateurs de centre de loisirs 14 heures par jour pour passer de bonnes vacances.

Parfois, ralentir ensemble est justement ce qui permet de reconnecter.

 

6. Garder quelques routines… mais les assouplir

Je ne cherche pas non plus à faire disparaître tous nos repères pendant quinze jours.

Les routines peuvent alléger la charge mentale précisément parce qu’elles évitent de devoir tout renégocier.

Le soir, par exemple, nous pouvons nous coucher un peu plus tard tout en conservant la même logique : se préparer, ralentir, lire, puis dormir.

C’est aussi l’idée derrière le tableau de routine du coucher Routinea : que tout ne repose pas systématiquement sur la voix, la mémoire et les rappels du parent.

En vacances, on peut très bien conserver les repères tout en laissant davantage de souplesse sur les horaires.

Si le sujet vous intéresse, j’avais déjà expliqué plus précisément pourquoi une routine du coucher aide les enfants à se sentir en sécurité.


7. Faire équipe avec les autres au lieu de tout porter seule

Quand c’est possible, j’essaie aussi de penser les vacances de manière plus collective.

Voir une copine avec ses enfants.

Passer une journée avec des proches.

Partager un repas.

Laisser les enfants jouer ensemble pendant que les adultes discutent.

Et surtout, lorsque mon conjoint est là, ne pas rester automatiquement la cheffe de projet des vacances familiales.

Avoir du soutien compte réellement. Les recherches sur le burn-out parental identifient notamment le soutien social, la relation de couple, les ressources disponibles et le nombre d'heures passées à prendre en charge les enfants parmi les facteurs associés à l'épuisement parental.


Fatigue, charge mentale et burn-out parental : ce n’est pas exactement la même chose

Je veux faire une petite parenthèse importante parce que j’ai utilisé plus haut l’expression « être à la limite du burn-out ».

Je l’emploie pour décrire mon ressenti d’épuisement, pas comme un diagnostic.

Le burn-out parental est un phénomène spécifique, caractérisé notamment par un épuisement intense lié au rôle parental, une distanciation émotionnelle et une perte du sentiment d'accomplissement en tant que parent. Ce n’est donc pas simplement « avoir besoin de vacances ».

Si l’épuisement devient permanent, si vous vous sentez complètement dépassée, détachée de vos enfants, très anxieuse ou que vous avez l’impression de ne plus réussir à fonctionner normalement, cela mérite d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé mentale.

Prendre soin de soi ne règle pas tout.

Et parfois, demander de l’aide fait justement partie du fait de prendre soin de soi.

 

Ces vacances, j’ai surtout envie de faire moins

Je n’ai donc pas prévu de révolutionner notre organisation familiale pendant ces vacances.

J’ai surtout envie de fermer l’ordinateur.

De prendre un peu de temps pour moi.

De laisser certaines journées se construire toutes seules.

De reconnecter avec mon fils et mon conjoint sans avoir forcément besoin d’organiser quelque chose d’incroyable.

Et surtout d’essayer de ne pas transformer le fait de ralentir en famille en un nouvel objectif à réussir parfaitement.

Parce que finalement, c’est peut-être ça que j’ai envie de retenir cette fois-ci :

prendre du temps pour soi n’est pas l’opposé du temps en famille.

Parfois, c’est précisément ce qui nous permet d’y revenir avec davantage de place dans la tête.

Et d’être vraiment là.

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